COCTEAU, Jean

Cocteau fustige « l’ignoble et ridicule nuit de la poésie ».

"Lorsque j'ai su qu’il s’agissait de mêler nos torchons avec leurs serviettes j’ai foutu le camp."  

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Caractéristiques

Lettre autographe signée de Jean Cocteau (1889-1963) à Maurice Goudeket (1889-1977), troisième et dernier époux de Colette (1873-1954) à propos de le la Nuit de la poésie 1954.

31 mai 1954 – Une pleine page in-4. Taille : 27 x 21 cm. Pliures, petites fentes aux marges, et infime ouverture à l’intersection centrale.

Belle et cinglante lettre dans laquelle Cocteau fustige la Nuit de la poésie (qui se tint le jour même, 31 mai 1954 au Palais de Chaillot, à Paris). Le poète, bien qu’habitué des salons, avait une sainte horreur de ce qu’il appelait la « poésie officielle » ou « municipale ».

Le fait qu’Aragon lui téléphone pour lui dire d' »avaler la pilule » est également savoureux. Ce dernier, figure de proue du Parti communiste, était un habitué des compromis stratégiques et des grandes manifestations de masse. Il essaya sans doute de convaincre Cocteau que la cause (le gala, l’argent, la visibilité) justifiait de supporter la lourdeur de l’organisation.

Cocteau évoque enfin Pierre Reverdy dont il aurait aimé la présence. Reverdy représentait pour Cocteau le « grand-prêtre de la poésie « et « un des rares poètes vivants qui n’a jamais trahi ». En 1954, celui-ci vit retiré à Solesmes dans une ascèse quasi monacale entamée trente années plus tôt.


31 mai 1958,

Mon cher Maurice,

Oui c’est vrai que je vous aime beaucoup — mais vous avez dû comprendre que j’avais pris le large en face de cette ignoble et ridicule nuit de la poésie.

Je croyais qu’on ferait un gala X — pour le fric et ensuite qu’on donnerait ce fric à un poète qui ne serait pas une reine d’un jour.

Hélas, lorsqu’ai su qu’il s’agissait de mêler nos torchons avec leurs serviettes j’ai foutu le camp.

J’avais exigé la présence de Reverdy alors que la chose se présentait sous une autre forme. Aragon m’a téléphoné qu’il fallait avaler la pilule.

Je vais écrire à qui de droit — mais on ne m’écoute jamais — c’est mon seul honneur.

Jean Cocteau


Ci-dessous, splendide photographie de Jean Cocteau un mois plus tôt, le 31 mars 1954, signant des autographes lors de sa présidence du Festival de Cannes 1954. (AFP)

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