Sur le rapport de l’écrivain à la parole.
"les écrivains ont accrédité l'idée que qui sait écrire sait parler. Je ne crois pas que ce soit vrai."Vendu
Caractéristiques
Lettre autographe signée de Jean Giono (1895-1970) à Jean Petit, vice-président de la Maison des étudiants de la prestigieuse Université Catholique de Louvain.
[Octobre 1952] – Une page in-4 . Taille 25 x 19,5 cm (émargement sur le coté gauche).
Belle lettre d’actualité sur le rapport des écrivains à la prise de parole publique. Jean Giono est alors en plein tournant de carrière avec l’immense succès critique, symbolique et populaire du chef d’oeuvre, Le Hussard sur le Toit, paru en novembre 1951 chez Gallimard.
« Je sais que les écrivains ont accrédité l’idée que qui sait écrire sait parler. Je ne crois pas que ce soit vrai. En tout cas, pour moi, même pour le cas où je saurais vraiment écrire, il est certain que je ne sais pas parler. »
Belle signature.
Cher Monsieur,
Je suis très touché de votre lettre. Je suis plein d’amitié pour mes amis de Belgique.
Quelques-uns me rendent visite à l’occasion des mois d’été et chaque fois je leur dis toute mon affection.
Mais, je ne sais pas faire de conférence, je n’ai jamais fait de conférence et à cette seule idée tout mon « poil se hérisse ».
Je sais que les écrivains ont accrédité l’idée que qui sait écrire sait parler. Je ne crois pas que ce soit vrai.
En tout cas, pour moi, même pour le cas où je saurais vraiment écrire, il est certain que je ne sais pas parler.
Je le répète d’autant plus vivement que je perds ainsi l’occasion de vous connaître, de connaître l’université catholique de Louvain et de connaître votre pays.
J’en suis navré et je vous prie de croire à ma très vive sympathie.
Jean Giono
Ci-dessous Jean Giono dans l’oeil d’Henri Cartier-Bresson, vers 1939.




