PROUST, Marcel

Le « mauvais Marcel Proust »

« On me prend pour un autre, ou plutôt un autre prend ma place dans les registres du monde. »

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Caractéristiques

« On me prend pour un autre, ou plutôt un autre prend ma place dans les registres du monde. Il y a un M. Proust, 102, boulevard Exelmans, qui reçoit mes lettres, mes invitations, et, ce qui est pire, mes compliments. *» Marcel Proust, lettre à Paul Souday, 20 décembre 1919 (après l’obtention du Prix Goncourt).

Faire-part de décès de 1901 de Jeanne Simard (à seulement 24 ans la jeune), épouse de « Marcel Proust » (1871 – 1936).

Il s’agit du « Mauvais Marcel Proust » comme l’appelait, l’auteur de la Recherche. Cette homonyme fut cause de soucis pour l’écrivain car née exactement la même année que lui  en 1871 , vivant dans le même 16e arrondissement et dont l’épouse, Jeanne Proust (née Simard),  partageait le même nom que la mère de l’écrivain, Jeanne Proust ( Née Weil) et avec qui Proust vécut jusqu’a la mort de cette dernière en 1905.

Ce Marcel Proust parallèle, résidait au 126 Boulevard Exelmans et travaillait  dans finance. Il ne semble pas les deux Marcel Proust aient jamais été en contact direct malgré leur grande proximité géographique et pour une partie certaine proximité sociale.

L’auteur de la Recherche  a mentionné à plusieurs reprises les désagréments causés par cette homonymie. Proust recevait chez lui des faire-part de décès ou de naissance destinés à l’autre Marcel Proust. Dans l’édition de la Correspondance établie par Philip Kolb (au tome V et VI), des notes de bas de page précisent que l’écrivain recevait parfois des invitations ou des documents administratifs destinés à son homonyme du Boulevard Exelmans. Proust évoquait la situation avec une pointe d’ironie dans ses lettres à ses amis (comme Robert de Montesquiou ou Mme Straus) : « On me prend pour un autre, ou plutôt un autre prend ma place dans les registres du monde. » (Paraphrase des remarques relevées par Philip Kolb sur les erreurs de distribution postale).

Proust s’en agaçait surtout lorsque la confusion touchait son image de marque naissante. Il faut imaginer l’écrivain particulièrement soucieux de son image et de son statut, recevant des factures ou des annonces de décès d’une famille bourgeoise qu’il ne connaissait pas. Des « quiproquo postal » datent principalement de la période où Proust quitte l’appartement familial en 1906 après le décès de ses parents pour s’installer au 102 boulevard Haussmann et également de la période de l’attribution du prix Goncourt fin 1919 et 1920. Il écrit à son concierge ou à ses amis pour signaler que des lettres arrivent « au mauvais Proust ».

Pour certains amateurs de vieux papiers, ce faire part fut parfois décris comme « Le faire-part de la femme de Marcel Proust », ce qui créait systématiquement un amusement ou l’idée d’un mariage inédit et caché du plus célèbre des écrivains célibataires.

Taille : 27 x 21 cm sur un double feuillet.

 

Sources :
Lettre à Paul Souday 20 décembre 1919 et dans une variante : Monsieur Proust – Céleste Albaret, Robert Laffont 1973.
Bulletin de la Société des Amis de Marcel Proust (BAMP) n°22, publié en 1972.
La Correspondance de Marcel Proust (Édition Kolb) : Dans l’index des noms cités, Kolb distingue systématiquement « Proust (Marcel), l’auteur » de « Proust (Marcel), du Boulevard Exelmans ».
Le Bulletin de la Société des Amis de Marcel Proust (BAMP) : inventaires de documents « non-proustiens » (ceux qui portent le nom mais ne concernent pas l’auteur).
Ci-dessous, Portrait de Marcel Proust, par Jacques-Emile Blanche. 1892

 Jacques-Emile Blanche Portrait de Marcel Proust 1892 Huile sur toile

Bibliographie :

Lettre publiée à la correspondance Kolb, tome XII, pages 130-131.

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