Faire-part de décès de Charles Baudelaire
"Vous êtes prié d'assister aux convoi, service et enterrement de Monsieur Charles Pierre Baudelaire, décédé à Paris le 31 août 1867, à l'âge de quarante-six ans"6 000,00 €
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Rarissime faire-part de décès de Charles Baudelaire (1821-1867) provenant de la collection de souvenirs de Félicité Baudelaire (1812-1902).
[Paris], Imprimerie Collet, [31 août] 1867. Une page in-4 de texte lithographié bordé de noir. Très bel état de conservation. Infime restauration au dos (léger renforcement d’une pliure, invisible). Taille ; 27 x 21 cm (avec cadre 37 x 31,5cm.)
Rare et précieux document doublé ici d’une exceptionnelle provenance familiale et intime. Ce grand faire-part est reproduit dans l’album Baudelaire de la Pléiade (p. 171), dans la biographie de C. Pichois et J. Ziegler (p. 594) ainsi que dans le Dictionnaire Baudelaire de C. Pichois et J.-P. Avice (p. 339.
Baudelaire mourut le samedi 31 août 1867, dans une fin d’été suffocante tandis que l’Exposition universelle de Paris battait son plein sur le Champ-de-Mars. Les obsèques eurent lieu très vite, dès le lundi 2 septembre. Un petit nombre de personnes seulement reçurent en tant et en heure le faire-part envoyé le dimanche. « Nombre de gens ne les ont eus que le lendemain, en revenant de la campagne » précisera Charles Asselineau quelques semaines plus tard dans une lettre à Poulet-Malassis.
La mention « muni des sacrements de l’Église » fera couler beaucoup d’encre mais n’étonnera pas ses amis les plus proches. Baudelaire n’était pas athée et s’il méprisait beaucoup des aspects de la religion, il ne concevait pas le monde sans transcendance.
Vous êtes prié d’assister au convoi, service et enterrement de Monsieur Charles Pierre Baudelaire, décédé à Paris le 31 août 1867, à l’âge de quarante-six ans, muni des sacrements de l’Église ; Qui se feront le lundi 2 septembre prochain, à l’église Saint-Honoré, sa paroisse, place de l’Hippodrome, à 11 heures précises.
On se réunira à l’église.
De profundis !
De la part de Madame Vve Aupick, sa mère, de Mme Perrée, sa grand’ tante et de ses enfants, de Mme Vve Baudelaire, sa belle-sœur, de Mr Jean Levaillant, général de brigade, de Mr Jean-Jacques Levaillant, chef de bataillon, de Mr Charles Levaillant, général de division, ses cousins.
Ce document exceptionnel est protégé par un cadre sur mesure (décadrage sur demande) en bois sculpté avec verre anti-uv et anti-reflet. Taille avec cadre : 37 x 31,5cm.
Sur Félicité Baudelaire :
« Anne-Félicité Baudelaire, née Ducessois, avait épousé le demi-frère de Baudelaire, Alphonse, en avril 1829. Baudelaire, très jeune, s’enticha d’elle. En 1846, âgé de 25 ans, le poète entreprit de courtiser sa belle-sœur et lui envoya son Choix de maximes consolantes sur l’amour avec une lettre galante à demi-mot, dans laquelle il se présente comme « un partisan de l’amour d’Antony », autrement dit de l’adultère, et invite l’épouse de son demi-frère à « être [s]a providence dans la carrière qui s’offre à [lui] par le canal de l’amour… » (Corr., I, 134- 135). Pour Claude Pichois, il s’agit là d’un « jeu gentiment pervers », voire d’une « ironique vengeance », visant à l’embarrasser et à provoquer son demi-frère, qui a approuvé sa mise sous tutelle. Que Baudelaire fût épris de Félicité ou non, il fit d’elle sa muse, puisqu’elle lui inspira un petit « cycle » de trois poèmes, étudié récemment par Andrea Schellino – et qu’elle passe également pour avoir servi de modèle au personnage de Mme de Cosmelly dans la nouvelle La Fanfarlo, parue en 1847. Après la mort d’Alphonse, en 1862, Félicité renoua avec Caroline Aupick, installée à Honfleur. Ce fut elle qui tint Charles Asselineau au courant de l’état de santé puis de la mort de la mère de Baudelaire durant l’été 1871. Elle hérita d’une partie des biens de Mme Aupick en 1871, et en particulier de documents intimes et de lettres de jeunesse de Charles, qui furent conservés dans sa famille après sa mort en 1902. » (Source : Alde, notes à propos de « Souvenirs provenant de Félicité Baudelaire »)
Ci-dessous, le dernier portrait de Charles Baudelaire par Etienne Carjat, 1865.










