Émile Zola « lié » par traités à ses éditeurs.
En pleine finalisation de la publication d'Au Bonheur des Dames.550 €
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Lettre autographe signée d’Émile Zola (1840-1902).
Médan, 14 novembre 1882. Une page in-8. Taille : 20,5 x 13,5 cm.
En novembre 1882, Émile Zola est un homme riche, célèbre et extrêmement sollicité. Les succès retentissants de L’Assommoir (1877) et de Nana (1880) ont fait de lui l’écrivain le plus rentable de sa génération. Il reçoit constamment des offres de directeurs de revues concurrentes, de traducteurs étrangers ou d’éditeurs alternatifs cherchant à racheter des droits de publication, des adaptations ou des exclusivités. Par cette lettre, Zola oppose un refus poli mais ferme à l’un de ces intermédiaires, rappelant la stricte exclusivité de ses engagements contractuels avec Georges Charpentier et Charles Marpon (cf. infra)
Au moment précis où il signe cette lettre, Zola est en train de mettre la touche finale à la première partie d’un de ses plus grands chefs-d’œuvre : Au Bonheur des Dames. La prépublication en feuilleton de ce roman dédié aux grands magasins débute à peine un mois plus tard, en décembre 1882, dans Gil Blas, avant sa parution en volume chez Charpentier et Marpon en mars 1883.
Belle signature.
Médan, 14 nov. 82
Monsieur,
Je suis très flatté des offres que vous voulez bien me faire.
Mais je ne puis malheureusement les accepter, étant lié par des traités avec la maison Charpentier* et la maison Marpon**.
Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de mes sentiments les plus distingués.
Émile Zola
* Georges Charpentier (1847-1905) est l’éditeur historique et l’ami intime de Zola. C’est lui qui, dès 1872, a signé avec l’écrivain un contrat audacieux (lui versant une rente mensuelle fixe en échange de sa production), sauvant Zola de la misère avant que le succès n’arrive. Éditeur premier de Zola, Charpentier détenait les droits pour les éditions courantes.
**Charles Marpon (1838-1890), (associé à Ernest Flammarion) intervient de manière cruciale au début des années 1880. À cette période, Georges Charpentier traverse de graves difficultés financières liées à son train de vie et à des investissements risqués (notamment la revue La Vie moderne). Pour éviter la faillite, Charpentier doit s’associer avec Marpon pour la diffusion, la distribution et la coédition de certains de ses catalogues à fort tirage, notamment les éditions populaires ou les formats bon marché à 3 francs 50. Marpon avait négocié avec Charpentier (avec l’accord de Zola) les droits pour les éditions illustrées (L’Assommoir ou Nana chez Marpon ont été des triomphes commerciaux colossaux.)
Ci-dessous, Émile Zola en 1885 par Nadar.




