COCTEAU, Jean

Devise sur le sexe des anges et cite Nerval.

"N'est-il pas agréable de vivre dans une ville qui se dispute encore au sujet du sexe des anges et de la longueur réglementaire de leurs ailes ?"  

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Caractéristiques

Lettre autographe signée de Jean Cocteau (1889-1963).

12 septembre 1960, Palais royal. Une page in-4. Taille : 27 x 21 cm.

Après le succès de son film testament, Le Testament d’Orphée, sorti en février de cette même année, Cocteau travaille entre autres sur la reprise de sa pièce L’Aigle à deux têtes créée en 1946 et qui connut un grand succès. Cette nouvelle production a débuté ses représentations le 8 septembre 1960, quatre jours seulement avant la date de cette lettre.


12 Sept 1960

Palais Royal ce soir : St Jean Cap Ferrat A ~ M [Alpes-Maritimes]

Merci de tout cœur pour votre aide.

N’est-il pas agréable de vivre dans une ville qui se dispute encore au sujet du sexe des anges et de la longueur réglementaire de leurs ailes ?

Votre prince d’Acquitaine à la tour abolie.*

Jean Cocteau

[En haut à gauche, verticalement]

et désobéissante aux critiques (aigle)* !!


* »Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé, Le prince d’Aquitaine à la tour abolie  » – Célèbre deuxième vers du poème « El Desdichado » (Le Malheureux en espagnol), de Gérard de Nerval publié en 1854 dans le recueil de nouvelles et de poèmes intitulé Les Filles du feu, incluant un ensemble de douze sonnets (Les Chimères).

** Lors de la création en 1946, la pièce avait été un immense triomphe public. Mais en septembre 1960, l’accueil de la critique parisienne change radicalement et se montre très sévère. Les critiques de l’époque considèrent la pièce comme datée, écrivant que « tout cela sonne faux et creux » par rapport au théâtre moderne de 1960.

El Desdichado

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule étoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s’allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;
J’ai rêvé dans la grotte où nage la syrène…

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

Gérard de Nerval

Ci-dessous Jean Cocteau en 1923 (Credit : agence Meurisse).

Ci-dessous Jean Cocteau en 1923 (Credit : agence Meurisse).

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