COLETTE

Colette évoque avec tendresse son défunt père au moment de son emménagement au Claridge.

"Si la chance veut que l'on retrouve les portraits, même presque effacés, de mon père, je serai bien contente..."

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Caractéristiques

Lettre autographe signée de Colette (1873-1954) à Madame Paul Proust dont le père combattit au côté du père de Colette.

Paris, 14 novembre 1930. Une page in-4. Pliures, rousseurs. Date et notes manuscrites d’une autre main.

Charmante lettre de Colette évoquant son père*. juste au moment de son emménagement au Claridge*** avec enveloppe et timbre conservés.

Taille : 26 x 21 cm (enveloppe : 11 x 13,5 cm)

Jolie signature.


Paris, 14 Novembre 1930

Madame,

Rien ne pouvait me toucher mieux que l’envoi de cet article*, qui est tout à l’honneur de votre père et du mien. Je vous le renvoie, avec mon remerciement ému, mais vous m’avez permis de garder la photographie d’un brave à qui mon père (et moi) nous devons la vie, je garde précieusement ce portrait énergique, avec votre lettre. Si la chance veut que l’on retrouve les portraits, même presque effacés, de mon père, je serai bien contente. Encore merci, Madame, et peut-être à bientôt, je dois faire quatre ou cinq conférences, en Avril, en Algérie et à Tunis.

Croyez, je vous en prie, à toute la sympathie de

Colette


* Un article parut dans « Candide » la même annnée.

** Cette madame Proust envoya la photo de son père à Colette, Jules-Joseph Colette (souvent surnommé « Le Capitaine » (1829-1905). Le père de Madame Proust est peut être lié à la bataille de Magenta de 1959 conduite par Napoléon III contre les Autrichiens, bataille dans laquelle le père de Colette perdit une jambe.

**En novembre 1930, atteinte de bronchites en raison de l’humidité de l’appartement qu’elle occupait au Palais-Royal, Colette cherche un air plus sain et sur les conseils de son médecin s’installe tout en haut de l’hôtel Claridge, sur les Champs-Élysées (au 72, dont le sous sol est aujourd’hui occupé par la Fnac), elle y jouira pendant cinq années du confort hôtelier et d’une magnifique vue.

Photographie du Claridge dans les années 30, par Charles Lansiaux.

Ci-dessous, photographie de Collette sur son balcon du Claridge à l’époque de notre lettre, 1931.

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