Bergson « cherche la loi des choses » depuis Clermont-Ferrand.
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Lettre autographe signée d’Henri Bergson (1859-1941) à son condisciple normalien Léon Sautreaux.
17 février 1885, Clermont-Ferrand. 4 pages in-8 sur un double feuillet. Enveloppe autographe et timbre conservés.
Taille : 18 x 11,5 cm .
Rare correspondance du jeune Bergson nommé professeur au lycée David d’Angers en 1881. Deux ans plus tard, il est muté au lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand.
Henri Bergson considérait ses années à Angers et Clermont comme les sept années parmi les plus heureuses et fécondes de sa vie. (Jacques Chevalier, Entretiens avec Bergson, Plon, 1959).
Très belle signature de jeunesse.
Clermont Ferrand – 17 fév
Mon cher enfant,
Si je n’ai pas répondu dès le jour de l’an à ton aimable petit mot, c’est que je me proposais de t’adresser, non une carte minuscule, mais une lettre sérieuse. Or je suis surchargé de travail et j’ai du remettre de jour en jour le plaisir de t’entretenir, au bon sens du mot.
A l’heure qu’il est, tu me considères sans doute comme un grossier personnage. J’en suis heureux si cela peut te faire penser à moi, car je ne te pardonnerai pas de m’oublier.
Que fais-tu donc à Aix, dis-moi ? On m’assure que c’est presque aussi embêtant que Clermont mais je suis persuadé qu’on exagère ; d’ailleurs c’est toi, si j’ai bonne mémoire, qui a demandé ce trou : Dieu sait ce que tu voulais en faire !
Si tu veux mon cher enfant, m’être pour tout de bon agréable, tu m’écriras une longue lettre où il ne sera question que de toi.
T’es tu décidément lancé dans la philosophie allemande ?
Quant à moi, je continue à chercher la loi des choses, toujours avec le même succès.Depuis un certain nombre de semaines, je suis tombé dans un état de complet abrutissement; cela ne t’étonnera guère. Je me dis que l’an dernier pendant ces mêmes congés du mardi gras, mon Sautreaux était près de moi.
Quand le reverrai-je ?
Fais moi savoir au moins que tu ne m’oublies pas, et reçois en attendant un paternel baiser.
À toi,
H Bergson
Léon Sautreaux est élève de l’École normale supérieure en même temps que Bergson dans la section des lettres en 1878. Il mènera une carrière discrète de professeur de philosophie au Lycée de Grenoble. Bergson interviendra en sa faveur en 1924 auprès du grand chancelier afin que lui soit remis la légion d’honneur : «J’estime pour ma part, que cette vie de travail, d’effort, de dévouement à l’Université, mériterait d’être récompensée par la croix de la légion d’honneur».
École normale supérieure, promotion de 1881- Science – Léon Sautreaux, de profil au deuxième rang en partant de la droite. Source : Lucienne, Bibliothèque numérique de l’ENS-PSL.








