Baudelaire annonce la livraison de son article sur Madame Bovary
Lettre rédigée la veille du dépôt légal des Fleurs du Mal.3 500,00 €
DisponibleCaractéristiques
Lettre autographe signée de Charles Baudelaire (1821-1867) à Théodore Ducessois, imprimeur de la revue L’Artiste et frère de Félicité Baudelaire. Provenance : succession de Félicité Baudelaire.
11 juin 1857. Une demi-page sur un double feuillet in-8 avec adresse autographe. Restauration de la déchirure de décachetage. Taille : 21 x 27 cm (les feuillets déployés).
Baudelaire prends ici la plume la veille du dépôt légal des Fleurs du Mal, le 12 juin 1857.
La « copie » que Baudelaire promet de livrer est vraisemblablement son article sur Madame Bovary dont la publication fut retardée pendant quelques mois, sa longueur dans L’Artiste est exactement de huit colonnes, comme Baudelaire le précise dans la lettre. Le texte sera finalement publié le 18 octobre 1857.
L’Artiste avait précédemment publié trois poèmes des Fleurs du mal peu avant notre lettre, le 10 mai 1857 : L’Héautontimoroumenos, L’Irrémédiable et Francisca mea laudes.
Je vous enverrai la moitié de la copie à 2 heures, et je vous posterai la fin à l’heure du dîner.
Ayez l’obligeance de me dire si cela peut suffire comme rapidité.
Un total de 8 col. [colonnes] à peu près.
Ch. Baudelaire.
Je suis sûr de mon exactitude.
11 juin 1857.
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[Adresse:]
Quai des Augustins 55
à Monsieur Ducessois
ou à la personne chargée de la mise en pages de l’Artiste.
« Anne-Félicité Baudelaire (1812-1902), née Ducessois, avait épousé le demi-frère de Baudelaire, Alphonse, en avril 1829. Baudelaire, très jeune, s’enticha d’elle. En 1846, âgé de 25 ans, le poète entreprit de courtiser sa belle-sœur et lui envoya son Choix de maximes consolantes sur l’amour avec une lettre galante à demi-mot, dans laquelle il se présente comme « un partisan de l’amour d’Antony », autrement dit de l’adultère, et invite l’épouse de son demi-frère à « être [s]a providence dans la carrière qui s’offre à [lui] par le canal de l’amour… » (Corr., I, 134- 135). Pour Claude Pichois, il s’agit là d’un « jeu gentiment pervers », voire d’une « ironique vengeance », visant à l’embarrasser et à provoquer son demi-frère, qui a approuvé sa mise sous tutelle. Que Baudelaire fût épris de Félicité ou non, il fit d’elle sa muse, puisqu’elle lui inspira un petit « cycle » de trois poèmes, étudiés récemment par Andrea Schellino – et qu’elle passe également pour avoir servi de modèle au personnage de Mme de Cosmelly dans la nouvelle La Fanfarlo, parue en 1847. Après la mort d’Alphonse, en 1862, Félicité renoua avec Caroline Aupick, installée à Honfleur. Ce fut elle qui tint Charles Asselineau au courant de l’état de santé puis de la mort de la mère de Baudelaire durant l’été 1871. Elle hérita d’une partie des biens de Mme Aupick en 1871, et en particulier de documents intimes et de lettres de jeunesse de Charles, qui furent conservés dans sa famille après sa mort en 1902. » ( Source : Alde, notes à propos de « Souvenirs provenant de Félicité Baudelaire »)
Ci-dessous, le dernier portrait de Charles Baudelaire par Etienne Carjat, 1865.






