Annonce de vente de l’hôtel particulier parisien de Sade et notes autographes.
"Ayant entrée de porte cochère, cour, écuries, puits." / Reçu "De Madame de Sade, 96 francs à valoir sur les affaires."400 €
DisponibleCaractéristiques
Annonce de vente d’«une maison patrimoniale à vendre sise à Paris rue neuve du Luxembourg, n°11» (aujourd’hui rue Cambon dans le 1er arrondissement de Paris), hôtel particulier des Montreuil où résida le marquis de Sade et qui fut détruit lors des grands travaux et percements haussmanniens dans les années 1860.
[1804 et 1805 pour les notes autographes] de l’Imprimerie de Migneret, rue du dragon. Paris. Grand in-4. Taille : 26,5 x 21,5 cm.
Beau document.
Cet hôtel de la rue Neuve-du-Luxembourg fut l’adresse officielle et le principal point d’attache du marquis de Sade après son mariage en mai 1763 avec Renée-Pélagie Cordier de Launay de Montreuil*.(Cf.infra)
Cette mise en vente coïncide avec le départ définitif de Renée-Pélagie (l’épouse séparée de Sade) qui quitte Paris à la même période (en 1804) pour s’installer au château d’Échauffour, en Normandie, avec son fils
Au dos de l’annonce on trouve des notes vraisemblablement prises par le notaire (Me Boulard) ou l’avoué (Me Angelot) chargé de gérer les affaires de Renée-Pélagie de Montreuil, assisté de la fille du marquis, Laure de Sade, qui continuait de devoir régler certaines créances. Le rédacteur mélange le calendrier grégorien (pour les mois) et le calendrier républicain (pour les années).
4 septembre an 12 (1804) – De Madame de Sade, 96 francs à valoir sur les affaires.
[…]
Brumaire de l’an 13 … A valoir pour les avances que j’ai faites pour elle
Messidor an 13 (1805), de Madame de Sade, onze francs….
[…]
*Le contrat de mariage avec Renée-Pélagie stipulait que le jeune couple serait logé et nourri par la présidente de Montreuil. Sade s’est donc retrouvé à vivre sous le même toit que sa belle-mère, une femme d’une autorité rigide qui surveillait étroitement ses dépenses et ses fréquentations.
Pour fuir cette ambiance étouffante, le marquis n’y restait jamais très longtemps en continu et découchait régulièrement, fréquentant les coulisses des théâtres, louant des garçonnières discrètes (notamment sa « petite maison » d’Arcueil) et passant de longs mois dans son fief provençal au château de Lacoste.
Quelques mois seulement après son installation, en octobre 1763, il est extrait de l’hôtel pour être enfermé au donjon de Vincennes pour « débauche outrée ». Ce schéma d’allers-retours entre l’hôtel familial, la fuite et l’enfermement rythmera toute cette période.
Libéré en avril 1790 à la faveur des débuts de la Révolution, Sade se voit refuser l’accès à l’hôtel par son épouse, Renée-Pélagie qui demande la séparation. Le 9 juin 1790, le Châtelet de Paris prononce officiellement leur séparation de corps et de biens.
Chassé du cercle des Montreuil, Sade ne remettra plus jamais les pieds dans l’hôtel de la rue Neuve-du-Luxembourg et s’installera ensuite dans des logements loués de fortune avec sa compagne Marie-Constance Quesnet.
Ci-dessous : Profil supposé du marquis de Sade à vingt ans par Charles van Loo vers 1760-1762.

Ci dessous, Le Portrait imaginaire de D.A.F. de Sade (1938), œuvre surréaliste de Man Ray, Menil Collection de Houston.

Ci-dessous intéressant documentaire de 54m de Marlies Demeulandre, Sade : l’ange noir des Lumières.







