CHATEAUBRIAND (de), François-René

Chateaubriand conseil un poète et relève la beauté du pardon chrétien.

«Ce vers est très beau: Vous pardonnez à ceux qui jamais ne pardonnent ».  

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Caractéristiques

Lettre autographe signée de François-René de Chateaubriand (1768-1848) à un jeune poète admirateur venu chercher les conseils de l’illustre écrivain après avoir perdu son frère.

Paris, 25 avril 1826. Deux pages in-4. Piqûres, petit manque et fentes courantes aux plis en marge. (Cadre de présentation aimanté en plexiglas inclus sur demande. Taille : 30 × 21 cm.)

Belle lettre littéraire dans laquelle Chateaubriand relève la force du message de l’Évangile : « Ce vers est très beau : Vous pardonnez à ceux qui jamais ne pardonnent. »

Message biblique fondateur sur le pardon inconditionnel et enseignement de Jésus dans les Évangiles, cette idée du pardon est chez Chateaubriand au cœur du Génie du christianisme (1802), où il défend la supériorité de la morale chrétienne sur les morales antiques précisément par ce devoir d’offrir le pardon à celui qui est incapable de le donner ou de l’éprouver.


Paris, le 25 avril 1826,

J’ai reçu votre lettre et vos vers,

Monsieur, je vous en aurais remercié plutôt, si je n’avais été extrêmement souffrant*.

Votre messénienne** est fort touchante ; elle mérite que vous en fassiez disparaitre quelques négligences.

Ce vers est très beau :

« Vous pardonnez à ceux qui jamais ne pardonnent ».

La strophe « Partez, jeunes héros ! » est irréprochable et d’une véritable inspiration.

Vous pleurez bien votre frère, Monsieur, et je m’unis sincèrement à vos nobles regrets.

Recevez, Monsieur, l’assurance de mon dévouement et de toute ma considération.

Chateaubriand


* Chateaubriand souffrait à cette époque de la goutte et de crises de rhumatismes articulaires aigus.
**La messénienne est un poème élégiaque et patriotique en vogue à l’époque, genre popularisé par Casimir Delavigne (1793-1843). En 1818, Delavigne publie ses Messéniennes pour pleurer la défaite de Waterloo et l’occupation de la France, relançant la poésie patriotique sous la Restauration.

Ci-dessous, le célèbre portrait romantique de Chateaubriand par Anne-Louis Girodet (vers 1809).

Portrait de chateaubriand

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