Affectueuse lettre du célèbre photographe
"...fraternelle sympathie de votre indigne frère en poésie."Vendu
Caractéristiques
Lettre autographe signée d’Etienne Carjat (1828-1906) à Henri de Bornier (1825-1901).
Une page in-8. Paris, le 7 octobre 1879. Papier à en tête ET. CARJAT & CIE / Taille : 21 x 13 cm
Charmante lettre au merveilleux en-tête ET. CARJAT & CIE, « collection de notabilités politiques, artistiques et littéraires ».
Le grand photographe, portraitiste de Rimbaud et Baudelaire, organise le banquet en hommage au poète Théodore Aubanel qui sera donné le 10 octobre 1878 à Marseille. Il y invite son « cher poète » et ami, Henri de Bornier.
À l’époque de cette lettre Etienne Carjat est un photographe célèbre et homme de lettre reconnu, Henri de Bornier à lui, connu un succès important avec son drame en quatre actes « La Fille de Roland » (joué par Sarah Bernhardt). Il entame cette même année 1879 une carrière de critique dramatique à la Nouvelle Revue. Il sera élu à l’Academie Francaise en 1893.
Paris, le 7 octobre 1879
Cher poète,
J’ai eu l’idée, me souvenant de la petite fête improvisée après le banquet de l’année dernière à l’Hôtel Continental, pour fêter dans l’intimité notre cher Aubanel, de lui donner un pendant jeudi prochain.
Nous osons compter sur votre chère présence, car vous avez les sympathies de tous, vieux et jeunes.
J’ai chargé l’assistante d’Aubanel de vous prévenir de vive voix, en attendant que j’ai le plaisir de vous écrire, ce que je fais aujourd’hui.
Un simple mot de vous pour m’avertir, car je suis responsable des couverts.
En espérant de vous serrer la main, croyez à l’affectueuse et fraternelle sympathie de votre indigne frère en poésie.
Et. Carjat
L’adresse est ci-jointe
On partage cette anecdote amusante de Charles Monselet (datant de l’époque de notre lettre), à propos de Carjat :
« Remuer ou ne pas remuer en posant, – tout est là pour les photographes, et en particulier pour Étienne Carjat.
C’est l’aune avec laquelle il juge toutes les célébrités contemporaines.
Fait-on devant lui l’éloge d’un artiste ou d’un haut personnage politique, on l’entend murmurer :
– Oui, sans doute… beaucoup de talent… énormément de talent… mais…
– Mais quoi ?
– Il remue.
Au contraire, si l’on attaque en sa présence un Olibrius quelconque, il lui arrivera de prendre sa défense avec chaleur.
– Vous avez tort, dira-t-il ; vous êtes injuste envers X… Il a moins de défauts que vous ne croyez… Et puis enfin…
– Et puis quoi ?
– Il ne remue pas. »
(L’Événement, 31 décembre, 1878 )
Ci-dessous, autoportrait de Carjat (entre 1861 et 1865)


