Se défend de toute manigance
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Lettre autographe signée d’Henri Bergson (1859-1941) à son condisciple normalien Léon Sautreaux.
10 mai 1884, Clermont-Ferrand. 3 pages in-12 sur un double feuillet. Enveloppe autographe et timbre conservés.
Taille : 16 x 10,5 cm (16 x 21 cm déployé)
Rare correspondance du jeune Bergson nommé professeur au lycée David d’Angers en 1881. Deux ans plus tard, il est muté au lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand.
Henri Bergson considérait ses années à Angers et Clermont comme les sept années parmi les plus heureuses et fécondes de sa vie. (Jacques Chevalier, Entretiens avec Bergson, Plon, 1959).
Amusante lettre respirant les intrigues et bisbilles autour des élection au Conseil Académique.
Belle signature
Mon cher enfant,
Je t’ai annoncé que Roy posait sa candidature au Conseil Académique. Voilà que Nebout nous accuse, Roy et moi, d’avoir failli au devoir de la camaraderie en prévoyant pas que lui, Nebout, se présenterait ; et d’avoir caché notre jeu ; et ceci et cela ; – alors que, pour te dire la vérité, je ne me rappelais même plus, au moment où je t’écrivais cette lettre, qu’il y eût un Nebout sur la terre.
Ledit Nebout va t’envoyer, ou t’a déjà envoyé, une épître où il développe l’accusation, et qui t’amusera sans doute passablement. Je dois te dire que ce pauvre Roy se soucie assez peu, au fond, d’être élu ; mais qu’il serait désolé qu’on prit au sérieux les accusations de Nebout et qu’on le crut capable d’une telle indélicatesse.
Il me prie de t’écrire dans ce sens. Voilà qui est fait.
J’ajoute que tous les archicubes et agrégés du lycée, qui connaissent l’affaire dans ses détails, condamnent sévèrement l’incroyable conduite de Nebout, et que celui n’obtiendra certainement pas d’autres voix que la sienne, à Clermont.
Quand donc me donneras-tu de tes nouvelles, vieille g…. ?
À toi sincèrement,
H.Bergson
Léon Sautreaux est élève de l’École normale supérieure en même temps que Bergson dans la section des lettres en 1878. Il mènera une carrière discrète de professeur de philosophie au Lycée de Grenoble. Bergson interviendra en sa faveur en 1924 auprès du grand chancelier afin que lui soit remis la légion d’honneur : «J’estime pour ma part, que cette vie de travail, d’effort, de dévouement à l’Université, mériterait d’être récompensée par la croix de la légion d’honneur».
École normale supérieure, promotion de 1881- Science – Léon Sautreaux, de profil au deuxième rang en partant de la droite. Source : Lucienne, Bibliothèque numérique de l’ENS-PSL.







