BEAUMARCHAIS

Précieux témoignage de l’épique travail d’édition des oeuvres de Voltaire et Rousseau

"Les 30 volumes de Voltaire ne peuvent ni ne doivent se suivre."

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Caractéristiques

Lettre autographe signée de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, dit Beaumarchais (1732-1799). Peut-être à Jacques-Gilbert de La Hogue, second directeur de l’imprimerie de Kehl (après Jean-François Le Tellier).

Une page in-4. Vendredi 11 février 1785 – Marques de restaurations aux marges (visibles en transparence)

Taille : 23 x 18,5 cm.

Précieuse lettre relative à l’épique, controversé et périlleux travail d’édition des œuvres de Voltaire et Rousseau qu’entreprit Beaumarchais avec sa Société littéraire typographique de Kehl (*Cf plus bas). Le projet est ouvertement militant : il s’agit, contre les adversaires de la raison et du progrès de l’esprit humain, de diffuser la pensée de Voltaire, de défendre et perpétuer sa mémoire, d’« élever un monument à la gloire de ce beau génie. »

« En éditant Voltaire comme jamais aucun auteur ne l’avait été, Beaumarchais a pris une place dans le mouvement des Lumières que sa propre œuvre à elle seule ne lui aurait pas assurée. Par son ampleur, par les difficultés de sa mise en œuvre, par les résistances idéologiques auxquelles elle se heurte, elle n’a d’équivalent dans son siècle que l’Encyclopédie. » (François Bessire, « Beaumarchais éditeur de Voltaire »)


Le vendredi 11 février 1785

Mon cher ami,

La courte instruction que je vous donne ici sur Voltaire et sur Rousseau a été donnée par mon commis à votre secrétaire il y a quatre jours.

Il assura l’avoir très bien comprise.

Les 30 volumes de Voltaire ne peuvent ni ne doivent se suivre.

Chaque volume étant une matière séparée, cela est très égal aux souscripteurs mais il ne l’était point à nous de livrer tel volume ou tel autre.

La livraison du mois d’avril remplira toutes ces lacunes. Il en est ainsi du Rousseau.

Vous aurez l’un et l’autre complet, bien complet.

Si vous eussiez lu le petit avis imprimé que je joins ici, et qu’on a joint à la livraison, vous auriez été sans inquiétude.

Soyez-le donc sur la parole de votre serviteur et ami.

Beaumarchais

Voulez-vous me faire le plaisir de venir dîner chez moi  ?

Je vous recommande toujours Monsieur Devilles, l’agent de change.

C’est un homme actif et bien sûr.


*Beaumarchais, dramaturge mais également homme d’affaires, avait lancé en 1778 la grande aventure de rééditer de la manière la plus complète les oeuvres de Voltaire mort l’année précédente. Pour cela, il réalisa de gros investissements et prit de multiples risques en raison de l’opposition farouche de l’Église et de celle de l’État (un arrêt fut pris par le Conseil du roi le 3 juin 1785). Après avoir installé, en 1779, le siège de sa « Société littéraire typographique » dans la forteresse de Kehl, (ville allemande proche de Strabourg), il en confia la direction littéraire à Condorcet, qui travailla dans la clandestinité à partir des éditions antérieures et de manuscrits rachetés à l’éditeur Panckoucke. Les volumes furent imprimés de 1784 à 1789.

Page de titre du premier tome de la célèbre édition de Kehl.

Ci-dessous, huile sur toile de Jean-Marc Nattier, Portrait de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1755)

Beaumarchais

Ci-dessous l’affiche du film d’Édouard Molinaro, Beaumarchais L’insolent, sorti en 1996.

Bibliographie :

– François Bessire, « Beaumarchais éditeur de Voltaire ». 2000. Revue d’Histoire Littéraire de la France

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