Charles Péguy fonde les Cahiers de la Quinzaine
"M. Charles Péguy en sera le seul commandite et gérant [...] La raison sociale sera Charles Péguy et Cie."500 €
DisponibleCaractéristiques
Manuscrits fondants les Cahiers de la Quinzaine.
[Paris] [vers 1900] 13 pages in-4 recto. Deux jeux d’actes manuscrits de 6 et 7 pages, de deux mains différentes, enrichies d’annotations à l’encre et au crayon.
Papier épais filigrané « OCF décret 23 juin 1892 ».
Beau témoignage manuscrit de la fondation d’une des revues les plus mythiques de la littérature Française.
« Monsieur Charles Péguy, homme de lettre, demeurant à Paris, 8 rue de la Sorbonne […]
La société a pour objet la publication et l’exploitation du périodique dit « Les cahiers de la Quinzaine » […] ainsi que toutes les opérations d’édition et de librairie se rattachant à cette publication »
La société sera en commandite par actions, M. Charles Péguy en sera le seul commandite et gérant.
La raison sociale sera Charles Péguy et Cie. […]
« Le problème de la presse et de l’édition a hanté Péguy dès ses années d’étudiant. À l’École normale supérieure, il élabore le projet d’un Journal vrai pour lequel il entreprend de collecter des fonds.
Lorsqu’il rompt avec la rue d’Ulm et se lance dans l’action directe, c’est pour créer une Librairie socialiste où il engage toutes les disponibilités financières que son récent mariage lui a procurées. Loin d’être fortuite, l’apparition des Cahiers de la Quinzaine vient couronner une recherche déjà longue.
Le 5 janvier 1900 sort le premier numéro de la nouvelle publication.
Qu’est-ce qui détermine Péguy à imaginer cet organe ? Une décision de congrès instituant la censure à l’intérieur de la presse socialiste. La motion votée en décembre 1899 est claire : « Les journaux s’abstiendront de toute polémique et de toute communication de nature à blesser une des organisations. » S’ils enfreignent cette règle, le Comité central pourra demander contre eux « ou un blâme ou l’exclusion du Parti ou la mise en interdit du journal lui-même ».
« Depuis ce temps-là, commente Péguy le 20 janvier 1900, je suis détraqué ; je me promène en sabots, par ce grand froid, dans mon jardin, et je me dis comme une bête : – ils ont supprimé la liberté de la presse. »
Pour maintenir à l’intérieur du mouvement socialiste une tribune sans contrainte, Péguy lance un périodique bimensuel dont le programme est littéralement le programme dreyfusard : « Dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste (…). La délimitation de ce que les journaux doivent donner à leurs lecteurs et de ce qu’ils ne doivent pas leur donner, de ce qu’ils doivent même refuser, doit coïncider exactement avec la délimitation réelle de ce qui est vrai d’avec ce qui est faux, nullement avec la délimitation artificielle de ce qui est ou n’est pas de nature à blesser une organisation nationalement ou régionalement constituée. » «
Jean Bastaire – Revue des deux Mondes – Juillet 1973
Ci-dessous Charles Péguy en 1905.

















