Charmante lettre au graveur Mario Prassinos. 1938
"Je me suis appliqué à rendre la soie du parachute la plus légère possible."Vendu
Caractéristiques
Jolie lettre autographe signée de Réné Char (1907-1988) au peintre et graveur Mario Prassinos (1916-1985)
Lundi matin [14 février 1938]. Une page in-8. Petite ouverture à gauche au niveau du pli central. Enveloppe autographe et timbre conservés.
René Char préface, dans les premiers mois de 1938, la première exposition personnelle (dessins et gouaches) de Mario Prassinos à la galerie Billiet-Vorms. Ce dernier s’éloignera à partir de 1939 du surréalisme. Engagé volontaire durant la guerre, il est blessé et reçoit la Croix de guerre. En 1942, il se lie avec Raymond Queneau et collabore avec les éditions de la NRF pour lesquelles il crée des maquettes de livres, des cartonnages de la NRF que les bibliophiles connaissent bien.
Taille: Lettre : 20 x 13,5 / Enveloppe : 11 x 14,5 cm
Lundi matin, 31 rue des artistes
Mon cher Prassinos,
Voici le petit papier dont il était question.
Dites-moi sincèrement et sans précautions si cela vous va ainsi ?
Je me suis appliqué à rendre la soie du parachute* la plus légère possible.
Vos œuvres parlent mieux que moi.
Bien à vous et a votre soeur*.
René char,
____________________
[Enveloppe :]
Monsieur Jean Mario Prassinos
4 rue Bérite, 4
Paris XIe
[Enveloppe :]
Exp. Réné Char, 31 rue des artistes. Paris. 14e
* La soie était utilisée durant la Seconde Guerre mondiale pour fabriquer la toile des parachutes, mais aussi pour produire des cartes quasi indestructibles et faciles à dissimuler : elles pouvaient être enroulées ou pliées et cachées dans des boutons ou des doublures. Après la guerre, la soie étant devenue rarissime, les parachutes furent parfois recyclés en robes de mariage.
Il faut donc entendre dans cet expression dans cette jolie tournure « je me suis appliqué à faire les choses biens ». René Char sera responsable en 1943-1944 des opérations aériennes clandestines dans le département des Basses-Alpes. Notre lettre montre bien la fascination qu’exerçait deja les parachutes sur le poète.
* Gisèle Prassinos, poétesse, romancière et artiste plasticienne.
Ci-dessous Gisèle Prassinos en 1935, lisant ses poèmes au groupe surréaliste. De gauche à droite : Mario Prassinos, André Breton, Henri Parisot, Paul Eluard, Benjamin Peret, René Char, Gisèle Prassinos. – Source: Centre Pompidou

Ci-dessous. Parachutes en soie pendant la seconde guerre mondiale. Il faut imaginer aujourd’hui l’importance des parachutes pendant la guerre (combattants, armes, munitions, vivres …) et ces ciels constellés pendants les largages des alliés.







